Catégorie : Actualité de la Fondation

Réécouter « Faire face à l’inattendu » avec Elodie Camier-Lemoine

Réécouter Elodie CAMIER-LEMOINE

philosophe, chargée de mission Espace Ethique ARA

intervenant sur le thème :

« Faire face à l’inattendu »

S’adapter, innover :  des défis posés par la crise sanitaire

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La conférence commence à la minute 8

Les premières minutes présentent la Fondation Après-Tout et la conférencière

                                                                                                  

Réécouter le webinaire sur notre rapport au temps, avec Elodie Camier-Lemoine

Conférencière, Elodie CAMIER-LEMOINE

philosophe, chargée de mission Espace Ethique ARA

« Au cœur de la crise sanitaire,

penser notre rapport au temps »

Réflexion autour de l’incertitude

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7 millions de Français confrontés à la solitude : l’enquête annuelle de la Fondation de France

La Fondation de France vient de publier son 10ème Rapport annuel sur les solitudes.

Les constats principaux :

  •  une forte augmentation de l’isolement relationnel au sein de la population française au cours des 10 dernières années : 7 millions de personnes se trouvent en situation d’isolement, soit 14% des Français, contre 9% en 2010.
  • L’isolement relationnel s’étend à toutes les catégories de population. Les personnes âgées sont fortement touchées, cela n’est pas nouveau. Mais les jeunes le sont aussi davantage maintenant. Les femmes souffrent davantage que les hommes de solitude. Et si l’isolement va souvent de pair avec la précarité, les catégories socio-professionnelles les plus aisées sont aussi de plus en plus atteintes par le phénomène.
  • L’importance de fait du réseau familial et la fragilité potentielle souvent du réseau amical quand il existe, mais qu’il est unique.
  • L’étude révèle également – et on n’en sera pas surpris –  l’impact à craindre de la crise sanitaire actuelle. La forte hausse du chômage déjà amorcée et la corrélation que l’on connait entre précarité, chômage et isolement pointe un risque majeur d’une augmentation prochaine de l’isolement relationnel.

Le rapport complet est disponible sur www.fondationdefrance.org

Covid-19 : la Fondation Après-Tout agit

Aider les professionnels au service de l’humain maintenant et dans la durée

Depuis douze ans, la Fondation Après-Tout s’est donnée pour raison d’être d’accompagner les professionnels au service de l’humain, c’est-à-dire les professionnels de la santé, du social, du pénitentiaire et du judiciaire.

Aujourd’hui, ces professionnels vivent des moments extrêmement difficiles, stressants, fatigants, engageants. Souvent, ils doivent faire face à des situations inédites, auxquelles ils sont parfois peu ou mal préparés.

Dans le contexte de pandémie qui est le nôtre aujourd’hui, la Fondation Après-Tout a décidé d’engager, pour maintenant mais aussi pour demain, des moyens importants dans l’accompagnement de ces professionnels. Cet engagement se concrétise par le soutien financier de projets visant à écouter, assister, aider sur un plan psychologique les soignants, les acteurs du médico-social, tous les professionnels du pénitentiaire et du judiciaire, qui peuvent être durablement meurtris par les événements qu’ils vivent aujourd’hui.

Ainsi, la Fondation Après-Tout est à l’écoute de tous les projets qui vont dans cette direction. Les associations ou celles et ceux qui œuvrent dans cette perspective peuvent nous contacter dès maintenant :

contact-fondation@apres-tout.fr

Penser la société que nous voulons pour demain

Depuis douze ans aussi, la Fondation Après-Tout essaye d’apporter sa contribution à l’éclosion d’une société plus humaine.

La pandémie à laquelle notre société doit faire face est un extraordinaire révélateur de nos faiblesses, de nos vulnérabilités, de nos fragilités. Elle créée la nécessité de nous interroger sur l’après. Elle ouvre la voie à une nécessaire réflexion sur la société que nous voulons pour demain.

Une société dont les priorités seraient réorientées !

Dans cet esprit, la Fondation Après-Tout souhaite être un acteur de ces réflexions en soutenant des initiatives qui pourraient aider à une réflexion éthique et en apportant, au travers de conférences et de débats, que nous pourrons organiser après le déconfinement, sa pierre à l’édifice.

Si vous avez des idées, contactez-nous dès maintenant :

contact-fondation@apres-tout.fr

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Vos dons lui sont plus que jamais nécessaires !

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Vous le savez, la Fondation Après-Tout attache une attention particulière à la limitation de ses frais de fonctionnement. Ainsi, les sommes que la Fondation recevra dans les mois qui viennent seront exclusivement et intégralement dédiées à ces actions.

N.B : Vous pouvez maintenant faire directement

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Le confinement, un miroir grossissant du monde

« Décidez maintenant ce que vous ferez après ! »

Ingmar Granstedt

Que ferons-nous à la sortie du confinement et à la reprise des activités ? Repartir « comme avant », simplement soulagés, serait se boucher les oreilles et fermer les yeux sur ce qui s’est passé. Car au-delà des peurs, des souffrances, des pertes de proches et d’amis, cette catastrophe sanitaire mondiale n’est-elle pas un révélateur tragique de ce que nous sommes en réalité ? Les pages qui suivent invitent à y réfléchir, puis à se poser en conscience, pour soi-même, quelques questions décisives à partir de ce que chacun aura vécu au cours de ces mois. De là dépend ce que sera notre avenir commun.

Ce texte vous est donc proposé comme un outil pour la réflexion personnelle et non pas comme un document à débattre avec l’auteur.

Le confinement, un miroir grossissant du monde

Texte complet à télécharger

Ingmar Granstedt, 73 ans, a été socio-économiste. Ses publications ont porté sur les enjeux humains de la société industrielle et de son évolution. Il a aussi publié sur Etty Hillesum.

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« La force de la loi, l’humanité du juge » Isabelle Rome

Conférence débat – 31 janvier 2020Lyon

Isabelle ROME, magistrate, haute fonctionnaire à l’égalité Femmes-Hommes au Ministère de la Justice, et auteure

Le vendredi 31 janvier au Novotel de Bron, environ soixante-dix personnes étaient présentes avec Isabelle ROME, qui proposait un exposé autour du thème « La force de la loi, l’humanité du juge ».

Un parler vrai, un exposé brillant et plein d’humanité, où les questions de fond se mêlaient aux questions d’actualité, a permis de percevoir les enjeux éthiques et humains que tout acte de jugement implique. Voici un écho de cet exposé.

La loi nous protège

Elle protège la société mais il reste au juge à l’interpréter en fonction des faits et des personnes. L’appréciation des faits se fait aussi en tenant compte de la personnalité du justiciable. La loi pénale doit être appliquée à la lettre, mais il est nécessaire d’avoir tous les éléments (caractère du délit, preuves de la responsabilité, de l’intentionnalité) pour juger. Si un élément n’est pas présent, le juge a nécessité de le faire exister par les questions qu’il va poser.

Quand le justiciable est dans une dénégation, c’est difficile à entendre et difficile à juger. Dans ce cas, il est encore plus nécessaire de garder en tête les grands principes fondamentaux et les critères donnés par le code de procédure pénale.

Pour les personnes récidivistes, il est important de regarder aussi comment ne pas attenter à leur liberté pour que la sanction soit proportionnée à l’acte commis, cela veut dire tenir compte des actes antérieurs, du temps déjà passé en prison, et de la gravité de l’acte à juger.

Pour un juge, c’est rassurant, de pouvoir se dire qu’on a interprété la loi le mieux possible. Et là, c’est tout l’intérêt de l’écriture de la motivation de la décision, devenue aujourd’hui obligatoire. On peut penser qu’on s’est trompé, mais se dire « J’ai appliqué la loi à la lettre, j’ai laissé le moins possible la place à mon arbitraire » ; cela donne une meilleure conscience.

Quelques points concrets d’actualité

On parle beaucoup de « féminicide », à la lettre, c’est tuer une femme parce que c’est une femme. Dans le meurtre d’une femme par son conjoint : ce qui est mis en cause c’est le lien conjugal ; l’homicide sur conjoint, ça existe dans la loi et il est requis de façon générale une condamnation à perpétuité.

Si on créait une loi « spécifique » pour les féminicides, ça voudrait dire que dans une cour d’assises, il faudrait répondre, non seulement aux questions sur les circonstances du meurtre, la personnalité de l’accusé, mais aussi à la question « est-ce que la mort a été donnée parce que c’est une femme ? » et là ça devient impossible à évaluer – créer une loi pour les féminicides, c’est sans doute une fausse bonne idée.

Dans la justice, il y a eu aussi des avancées dans une compréhension psychologique. Les juristes ont mis plus de temps à prendre conscience des mécanismes qui se jouent chez les femmes victimes, notamment concernant l’emprise, la domination et les dépendances affectives. Avant, on considérait les femmes comme ambivalentes, alors qu’aujourd’hui, on sait que ça fait partie de ce processus du fait d’être victime. Maintenant, la prise de conscience que ce n’est pas normal de faire violence, voire de tuer une femme et encore moins de se faire agresser est beaucoup plus présente. La formation des magistrats est nécessaire, sans doute aussi pour faire entrer les termes dans la loi et le code pénal.

Un autre point qui fait actuellement débat : «la possibilité pour le soignant de déroger au secret médical ». Pourquoi ? 

Il y a un constat : un certain nombre de femmes meurent, alors qu’elles avaient consulté plusieurs fois mais aucun signalement n’avait été fait. Face à cela la Justice s’est remise en cause, et il a été demandé à l’Inspection générale de la Justice de mener une enquête approfondie.

Sur soixante homicides ayant été jugés, six victimes avaient un cheminement médical avant le coup fatal. Les soignants peuvent porter les faits devant la justice, s’ils considèrent qu’il y a un danger vital immédiat et que la victime est sous emprise. Cette notion d’emprise est encore à décrire.

Une posture éthique

Le Juge ne peut s’exprimer sur les affaires qu’il a jugées et sur ses motivations, du moins au-delà de la motivation écrite de sa décision. Il ne peut pas commenter une décision de justice dans les medias même en réponse à des attaques.

Au cours du procès, la motivation qu’il va mettre en avant devant la cour et l’accusé est déterminante et va permettre la mise en œuvre du principe contradictoire.  C’est lui qui va ouvrir au débat, il y a donc une vraie éthique de la motivation. Cela implique que ce qui est présenté soit lisible et compréhensible, par tous, les jurés, les avocats, les accusés, les plaignants, et les gens dans la salle. Il ne doit blesser aucune des deux parties et ne pas hypothéquer l’avenir des justiciables par des commentaires inutiles.

L’application de la loi, c’est aussi une manière d’être à l’autre. C’est toujours un humain en face d’un humain, et on ne peut l’oublier. La loi est toujours au service de l’humanité et de la société, c’est un outil de paix sociale. Le juge doit toujours regarder la personne accusée en face au moment de l’énoncé de la sentence, et aussi la société. Isabelle Rome dit être portée par la philosophie d’Emmanuel Levinas : l’expérience d’autrui prend la forme du visage. Envisager l’autre dans sa singularité, sans oublier que chaque être s’inscrit dans un espace social. D’autres philosophes nourrissent aussi sa réflexion, notamment J.J. Rousseau : « De toutes les vertus, la justice est celle qui contribue le plus au bien commun des hommes. » et Pascal : « La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. »

La loi est un outil au service d’un mieux vivre ensemble au service de l’humanité

On a fait évoluer l’émancipation des femmes depuis l’après-guerre. Parfois, la loi booste l’évolution des mœurs. Par exemple, la parité en politique et dans les conseils d’administration. Ce qu’on entend : « On privilégie les femmes et pas la compétence », ou bien : « On n’en trouve pas, pas de disponibles… ». Cependant, on constate qu’il y a 40 pour cent de femmes actuellement à l’assemblée, en 1997, il y en avait seulement 12 pour cent.

D’autres exemples interrogent aussi les pratiques, en particulier dans le cas de condamnation d’un parent pour homicide ; quelle serait la possibilité de suspendre l’autorité parentale ? Pourrait-on faire entrer dans les mœurs de la justice, la possibilité de suspendre l’autorité parentale du condamné, et suspendre le droit de visite, ce qui n’est pas forcément le cas actuellement. Comment garantir la liberté individuelle sans nuire à d’autres personnes de l’entourage ?

On ne peut jamais brandir le droit comme un étendard. C’est toujours la recherche d’un mieux vivre ensemble.

Des questions de société demeurent

Comme juge des libertés, le maintien des étrangers en détention fait apparaitre des vrais dilemmes, mais il est parfois difficile de faire autrement.

Par ailleurs, certaines polémiques sont violentes. Notamment, autour de la laïcité, « quand je vois une jeune femme voilée empêchée d’accompagner une sortie scolaire. Cela a un effet dévalorisant. Il est important de penser aux enfants et à leur ressenti de l’exclusion de leur mère, se resituer par rapport à la personne humaine. »

« Le blasphème ne doit pas exister dans une société laïque. Pour autant, avec la diversité culturelle, je ne peux blasphémer parce que je respecte ceux que je connais ».

La conscience de l’autre peut nous responsabiliser.

Nous sommes tous responsables de tous et devant les autres.

Dix ans déjà !

par Marie-Antoinette Piens

Ce fut une belle soirée d’anniversaire ! Ce 18 octobre 2018, nous fêtions les 10 ans de la Fondation Après-Tout. Plus de 80 personnes avaient répondu à notre invitation – nous étions, avec les membres du comité exécutif, plus de 90 et la salle de conférence était remplie. Nous avions choisi de fêter cet anniversaire au château de Montchat, une belle bâtisse dans ce quartier tranquille du 3ème arrondissement de Lyon.

Le président, Pierre Mouterde, a présenté, la philosophie et les objectifs de la fondation : soutenir des projets individuels ou collectifs portés par des professionnels des secteurs de la santé, du social, du judiciaire et du pénitentiaire dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ; donner l’opportunité de se ressourcer pour ces professionnels qui ont besoin d’échanger sur leurs pratiques et les difficultés rencontrées ; produire de la pensée sur un thème qui nous tient à cœur, celui des vulnérabilités et de la responsabilité.

Les comptes présentés par Michel Arbault montrent une diminution des dons qui ne couvrent plus les aides apportées, ce qui est pour nous un point d’attention, avec des frais de fonctionnement faibles.

Monsieur Yves Minssieux, président du comité de Lyon – Fondation de France Est –nous a présenté la Fondation de France et les fondations sous égide, comme l’est la Fondation Après-Tout.

Alain Chalochet a ensuite fait le bilan des actions entreprises par la fondation depuis 1988 : 45 aides à la reconversion professionnelle, 48 formations individuelles, 10 associations soutenues une ou plusieurs fois, des conférences faites aux internes de médecine générale et des prix de mémoire pour le DIU d’éthique en santé organisé par l’Espace éthique régional. Ces aides ont surtout été apportées dans le domaine de la santé et du social, un effort est à faire dans les deux autres domaines. De nombreux dossiers ont dû être refusés car en dehors des critères de la Fondation (hors région Auvergne-Rhône-Alpes et hors objectifs de la fondation).

Six « porteurs de projets » ont ensuite pris la parole pour présenter leur projet, son déroulement et les suites pour chacun d’eux. Une grille avait été proposée permettant d’harmoniser ces présentations tout en maintenant leur singularité : 2 reconversions professionnelles (ergonome/santé au travail et aide-soignante), 2 formations (doctorat de philosophie de la santé et de neurosciences dans le domaine pénitentiaire), 2 associations (pour l’humanisation des soins et pour donner un nouvel élan au travail d’intérêt général). La fondation a été remerciée, non seulement pour l’aide financière apportée, indispensable pour que ces projets se réalisent, mais aussi pour l’accompagnement et la présence tout au long de la réalisation du projet. Ces présentations ont été très appréciées car elles donnaient une bonne idée de la diversité des projets soutenus par la fondation.

Pour en savoir plus, cliquez ici :

Les 10 ans de la Fondation : quelques projets soutenus

Le travail continue, Pierre Mouterde a donné les orientations pour les dix prochaines années, en ce qui concerne la qualité des projets à soutenir, le ressourcement des professionnels porteurs de projets, avec au moins une rencontre par an, l’organisation d’une conférence annuelle sur des thèmes éthiques et philosophiques, l’attribution de prix de mémoire en éthique – pas seulement pour les internes de médecine générale, et la limitation des frais de fonctionnement. Ces défis ne pourront être relevés que si les donateurs en sont convaincus.

« Un défi à relever ensemble ! »

Première éditon du prix FONDATION APRES-TOUT

Le prix FONDATION APRES-TOUT d’un montant de 500 euros s’adressait aux étudiants ayant validé le diplôme inter-universitaire par un examen écrit et un mémoire de fin d’année.

Critères d’attributions

Il a été attribué sur les critères suivants :

  • la qualité de la recherche éthique du mémoire,
  • la dimension collective de la recherche
  • la valorisation du travail qui sera faite : publication d’un article dans une revue, présentation à un congrès…

Les lauréates 2014

Les lauréates de cette année sont :

  • Madame Sandrine GLATIGNY, médecin généraliste de l’unité d’hospitalisation d’oncologie à l’Institut Daniel Hollard de Grenoble, pour son mémoire traitant de la « Décision de Limitation et d’Arrêt des Thérapeutiques Actives (LATA) dans le cadre des arrêts cardio-respiratoires extra hospitaliers ».
  • Madame Florence DADER, infirmière dans un service de réanimation polyvalente adulte à Saint-Etienne, pour son mémoire intitulé : « Le soin à tout bruit ; questionnement éthique autour des nuisances sonores ».
  • Madame Virginie SAGOT-JARJANETTE, médecin praticien hospitalier dans le service de médecine polyvalente du centre hospitalier d’Issoire, pour sont mémoire intitulé : « Une décision collégiale est-elle le garant d’une décision éthique ? Expérience du Centre hospitalier d’Issoire ».

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