Auteur : Vincent Feroldi

Les conditions de vie des étudiants, par Marie-Antoinette Piens

Les conditions de vie des étudiants, par Marie-Antoinette Piens

Réalisée à un rythme triennal par l’Observatoire de la Vie Etudiante (OVE) depuis sa création en 1994, l’enquête Conditions de Vie (CdV) a pour ambition de recueillir et d’analyser des informations pertinentes sur les conditions de vie des étudiants sous ses différents aspects. Les étudiants sont invités à répondre à un questionnaire (en ligne depuis 2010). Afin de garantir la validité scientifique des résultats, cette enquête est réalisée auprès d’un échantillon aléatoirement sélectionné au sein de la population étudiante en France.

Pour cette 8ème enquête, plus de 220.000 étudiants ont été invités à répondre au questionnaire de l’OVE. Avec une participation de près de 60.700 étudiants, l’enquête CdV 2016 enregistre un taux de réponse brut de 25,6 %. Les résultats présentés ici correspondent à l’exploitation des 46 340 questionnaires qui, sur l’ensemble de ces réponses, ont été entièrement remplis par les étudiants en cours d’études au moment de l’enquête.

Les étudiants interrogés dans le cadre de l’enquête CdV 2016 représentent les 2.154.392 étudiants inscrits dans les « établissements enquêtés au printemps 2016 », soit 84 % de la population étudiante en France.

61,9% des étudiants jugent leur état de santé satisfaisant, dont 66,9% d’hommes et 57,5% de femmes.

L’état de santé semble se dégrader en fonction de l’âge : de 69,1% de satisfaction à 18 ans à 51% à plus de 26 ans.

Les étudiants de nationalité française sont satisfaits de leur état de santé à 62,5% contre 57,8% pour ceux de nationalité étrangère.

Des différences sont également observées selon les classes sociales : de 65,5% de satisfaction pour les catégories socio-professionnelles supérieures à 58,1% pour les employés et ouvriers.

15,2% des étudiants déclarent avoir une consommation journalière de cigarettes ; 33,4% déclarent consommer de l’alcool au moins une fois par semaine.

30,3% des étudiants déclarent avoir déjà renoncé à voir un médecin dont 44,5% pour des raisons financières.

Des fragilités psychologiques sont déclarées : 60,8% se plaignent d’épuisement, 59,4% de stress, 45,4% de problèmes de sommeil, 31,9% de déprime, 28,4% de solitude/isolement. Seuls 15,9% ne se plaignent de rien.

Les étudiantes se plaignent davantage que les garçons, surtout pour le stress (68,7% contre 48,7%) et les problèmes de sommeil (50,3% contre 39,8%).

4,4% des étudiants déclarent être en situation de handicap dont 4,4% en licence et 2,4% en 3ème cycle. Parmi ces étudiants, 38,2% jugent que leur handicap est moyennement, peu ou pas pris en compte.

Données recueillies sur www.ove-national.education.fr

Le Monde du 14 novembre 2018 donne d’autres chiffres issus de la même enquête : 20% d’étudiants présentent des signes de détresse psychologique ; 37% déclarent avoir vécu une période d’au moins deux semaines consécutives pendant laquelle ils se sont sentis tristes, déprimés, sans espoir, au cours des 12 derniers mois ; 8% ont pensé à se suicider au cours des 12 mois précédant l’enquête ; 55% d’étudiants ayant déjà fait une tentative de suicide invoquent des difficultés liées à la vie familiale.

 

Insuffisance de la couverture vaccinale contre la rougeole, par Marie-Antoinette Piens

Insuffisance de la couverture vaccinale contre la rougeole, par Marie-Antoinette Piens

Le Bulletin de l’Ordre national des médecins de novembre-décembre 2018 attire l’attention sur la rougeole qui, en France, a touché 2805 personnes entre le 6 novembre 2017 et le 14 octobre 2018. 23% des patients ont été hospitalisés et 3 sont décédés.

86 départements sont concernés, plus particulièrement la Gironde (avec 618 cas), La Vienne (203 cas), le Gard (162 cas), la Haute-Garonne (142 cas) et le Finistère (128 cas). 30 cas ont été déclarés dans le Rhône. Ces données sont encore provisoires.

La couverture vaccinale actuelle est insuffisante en France, de 62 à 88% selon les départements alors qu’il faudrait que ce taux atteigne 95% pour espérer éradiquer le virus.

Le vaccin contre la rougeole, associé aux oreillons et à la rubéole (ROR) était jusqu’au 1er janvier 2018 « facultatif », ce qui l’a fait négliger par de nombreuses familles considérant que la rougeole est une maladie infantile bénigne. Le ROR est obligatoire pour tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2018, avec deux doses, la première à un an, la seconde entre 16 et 18 mois.

Par contre, chez les adultes, l’immunité contre la rougeole est insuffisante. 89% des cas de rougeole sont survenus chez des sujets non vaccinés (75%) ou n’ayant reçu qu’une dose de vaccin (14%). Les adultes n’ayant pas eu la rougeole dans l’enfance devraient être vaccinés, avec une dose s’ils en ont déjà reçu, une ou deux doses s’ils n’en n’ont pas reçue.

En France, on observe un niveau de défiance élevé vis-à-vis des vaccins : 41% auraient exprimé cette défiance. Or, on sait que la rougeole est une maladie très contagieuse : une seule personne infectée peut en contaminer 15 à 20 autres.

Marie-Antoinette Piens

Un nouveau record au 1er décembre 2018 : 71.061 personnes incarcérées en France

Un nouveau record au 1er décembre 2018 : 71.061 personnes incarcérées en France

Le nombre de détenus dans les prisons françaises a établi un nouveau record au 1er décembre 2018, avec 71.061 personnes incarcérées, selon les chiffres de l’administration pénitentiaire publiés mercredi 26 décembre. Ainsi, 82.634 personnes étaient placées sous écrou, dont 11.573 sous surveillance électronique ou à l’extérieur.

Le nombre très symbolique de 70.000 détenus dans les 187 établissements pénitentiaires de France (départements et territoires ultramarins compris) avait, lui, été atteint en avril. Avec plus de 71.000 détenus pour 60.139 places opérationnelles, la densité carcérale s’établit désormais à 118,2 % dans les prisons françaises, qui souffrent d’une surpopulation chronique, contre 117,8 % un an plus tôt.

Cette augmentation s’explique surtout par une forte hausse du nombre de personnes prévenues en détention ; elles représentent aujourd’hui 29,4% des personnes détenues.

Le nombre de personnes écrouées non détenues est en augmentation de 4,5% par rapport au 1er décembre 2017. Il y a une petite hausse du nombre de Placements sous surveillance électronique (10.988) mais on est loin du chiffre de juillet : 11.615. Quant aux personnes en placement extérieur non hébergés, elles sont 585.

Pour finir, la baisse du nombre de mineurs écroués constatée ces derniers mois (excepté octobre 2018) se poursuit avec 814 mineurs.

La densité carcérale, à 118,2 %, reste stable sur l’ensemble des Directions Interrégionales et des établissements.

Pour avoir l’ensemble des données chiffrées, rendez-vous sur le site du Ministère de la Justice en cliquant ici.

La mesure mensuelle de l’incarcération au 1er octobre 2018 est accessible ici.

 

« Corbacabana » ou le quotidien d’un écrivain public en prison

« Corbacabana » ou le quotidien d’un écrivain public en prison

Ce qui se déroule derrière les murs d’une prison demeure, pour la plupart d’entre nous, mal connu, voire fantasmé.

Le livre écrit par Jean Desfonds arrive donc à point nommé puisque les derniers chiffres communiqués par l’Administration pénitentiaire témoignent de la surpopulation carcérale : MESURE MENSUELLE DE L’INCARCERATION au 1er octobre 2018.

Essentiel est donc de savoir qui vit et travaille derrière les murs des prisons françaises.

Aussi, passionnant est ce témoignage d’un des écrivains public intervenant en centre pénitentiaire. Il bouleverse l’angle de vue sur les personnes détenues car, avec lui, c’est rencontrer l’humain plutôt que le délinquant ou le criminel.

Au travers de 57 portraits, ce témoignage enraciné dans l’expérience des prisons lyonnaises nous donne à entendre le bouillonnement des voix et des appels qui résonnent derrière les grilles. Il faut savoir qu’au 1er octobre 2018, la maison d’arrêt de Lyon-Corbas prévue pour 688 personnes détenues accueillait en fait autour de 850 personnes (*).

N’hésitez pas à lire quelques bonnes feuilles de l’ouvrage en cliquant sur « Lire un extrait » (colonne de gauche)…

D’un enfer à l’autre

Pas besoin d’être un féru d’histoire pour se douter qu’un Kosovar de trente ans n’a pas pu vivre une enfance et une jeunesse paisibles.

L’éclatement de la Yougoslavie a été marqué, pour ce petit coin de terre, par la guerre, des violences inouïes, des frappes aériennes, des massacres, des exodes et des administrations successives où l’on peine à se retrouver :

J’ai appris « je, tu, il » avec les Français ! m’explique Dijan.

Il n’a guère été au-delà dans son apprentissage d’une langue qu’il parle péniblement, d’autant qu’à 9 h 45, il vient tout juste d’être réveillé par le surveillant qui l’a incité à venir me voir.

Ces levers tardifs ne doivent pas tout à la paresse.

Les détenus sont souvent tenus en éveil par la télévision – auxiliaire pratique des surveillants pour faire régner le calme ! – et l’angoisse propre à ceux qui ressassent indéfiniment leurs problèmes insolubles et leur situation sans issue immédiate, qui se débattent avec leurs souvenirs, qui pensent à ceux qu’ils ont laissés « dehors », qui sont stressés par les cris, les bruits quasi incessants de la prison.

L’absence d’exercice physique au long de la journée ne facilite pas non plus le sommeil.

S’ils finissent par s’endormir sur le matin – parfois aidés par quelque somnifère prodigué par un médecin compatissant – ils peuvent avoir quelque peine à émerger pour les rendez-vous de la journée…

Le conseiller pénitentiaire qui a reçu Dijan au quartier arrivants m’a demandé de passer le voir pour lui faire « une rafale de courriers » !

Dijan est arrivé en France en 2012. Il a vécu longtemps à la rue avant de se retrouver dans un foyer à Saint-Étienne.

J’ai pris 9 mois… Vol… me déclare-t-il sobrement.

En sortant progressivement des brumes du sommeil, il retrouve tout ce qu’il doit régler sans tarder :

Il faut écrire à foyer, d’abord.

Nous faisons donc savoir au directeur du foyer où il était logé que Dijan est incarcéré et que sa chambre peut être libérée.

Il faudrait aussi qu’il rassemble les divers papiers de Dijan et les mette de côté, jusqu’à son retour… Les vêtements ? Il peut les donner ou les jeter…

Jean Desfonds, Corbacabana. Écrivain public en prison, Editions du Panthéon, Paris, 2018, 216 pages, 18,90 euros.

 


(*) Le chiffre de 939 donné par la DAP inclut en fait les personnes écrouées hospitalisées à l’UHSI (hôpital de Lyon Sud) et à l’UHSA (hôpital du Vinatier).

Un nouveau plan pour l’autisme mis en place en avril 2018, par Marie-Antoinette Piens

Un nouveau plan pour l’autisme mis en place en avril 2018, par Marie-Antoinette Piens

Le 4ème plan autisme (2018-2022) a pour but d’améliorer la recherche, le dépistage et la prise en charge de l’autisme (environ 8000 naissances par an), en intervenant plus précocement chez le jeune enfant et en incluant davantage enfants et adultes dans la société. Ce plan comprendra une enveloppe de 344 millions d’euros sur cinq ans.

A partir du 1er janvier 2019, un « forfait intervention précoce » va être créé avec dépistage précoce (entre 9 et 24 mois) et recours à des professionnels comme les psychomotriciens et ergothérapeutes qui seront pris en charge par la sécurité sociale, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Pour la scolarisation, l’objectif est d’atteindre 100% des enfants nés en 2018 et entrant en maternelle en 2021 (au lieu de 30% actuellement 2 jours ou moins par semaine). Le nombre de places en Unité d’enseignement en maternelle pour les enfants ayant besoin d’un soutien renforcé sera triplé et une centaine de postes d’enseignants spécialisés seront créées pour soutenir ceux qui ont des élèves autistes dans leurs classes. Un renforcement de la scolarisation de ces élèves en primaire (40% des autistes actuellement) et au collège/lycée est prévu via les Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis).

Un plan national de repérage et de diagnostic des adultes autistes en établissements de santé et médico-sociaux va être lancé. Trop d’adultes autistes diagnostiqués tardivement sont actuellement en hospitalisation psychiatrique de longue durée et nombreux sont ceux qui ne sont pas diagnostiqués (seuls 75 000 adultes français seraient diagnostiqués contre environ 600 000 adultes autistes). Pour les adultes autonomes, des colocations en logement social et l’accès aux « logements accompagnés » seront ouverts. Il est aussi prévu de doubler le dispositif d’emploi accompagné afin de faciliter l’insertion professionnelle des adultes ayant des troubles autistiques.

La création d’une « plateforme de répit » par département est également prévue afin que les familles puissent se reposer et partir en vacances.

L’amélioration de la formation initiale et continue des professionnels de santé et des travailleurs sociaux permettra de mieux connaître et appliquer les recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de Santé.

Le développement de la recherche sur les troubles neurodéveloppementaux vise à « remettre la science au cœur de la politique de l’autisme. »

Un délégué interministériel à la stratégie autisme doit être nommé.

Pour Autisme France, il s’agit de grandes orientations et non d’un  « vrai plan autisme » encore attendu.

Marie-Antoinette Piens

Octobre 2018 : 82.663 personnes sous écrou en France

Octobre 2018 : 82.663 personnes sous écrou en France

Au 1er octobre 2018, 81 884 personnes sont écrouées et parmi elles 70 714 sont détenues. Avec 550 personnes en plus en détention entre septembre et octobre 2018, il s’agit d’un effectif encore jamais atteint sur le nombre de personnes détenues : ce dernier a augmenté de façon beaucoup plus importante que les deux dernières années à la même période. Cette augmentation s’explique surtout par une forte hausse du nombre de personnes prévenues en détention.

Le nombre de personnes écrouées non détenues reste quant à lui relativement stable ce mois-ci, stabilité habituelle par rapport aux derniers mois d’octobre. Cette stabilité cache cependant une hausse du nombre de Placements sous surveillance électronique (10 627) avec en contrepartie importante baisse du nombre de personnes en placement extérieur non hébergés. Celui-ci descend jusqu’à 543, valeur qui n’avait pas été atteinte depuis octobre 2016.

Par rapport aux tendances du mois dernier, cette diminution des personnes en placement extérieur non hébergés s’ajoute au niveau extrêmement bas des placement edxtérieur hébergés observé le mois dernier et qui se perpétue ce mois-ci (273). Le nombre de libération sous contrainte retrouve quant à lui des valeurs habituelles en représentant 0,8% des condamnés écroués. Pour finir, la baisse du nombre de mineurs écroués entamée depuis trois mois prend fin ce mois-ci. Avec 835 mineurs écroués, on retrouve un niveau supérieur aux chiffres de 2017.

La densité carcérale, à 118%, reste stable sur l’ensemble des Directions Interrégionales et des établissements. Il n’empêche que si trois Directions Interrégionales ont vu ce mois-ci leur capacité opérationnelle augmenter, le nombre de personnes détenues a augmenté dans 9 d’entre elles. La densité carcérale varie ainsi selon le type d’établissement. Elle atteint 142 % dans les MA et QMA alors qu’elle est de 86% dans les autres établissements. Les situations sont aussi différentes selon les Directions Interrégionales : Marseille et Toulouse restent les plus touchées.

Pour avoir l’ensemble des données chiffrées, rendez-vous sur le site du Ministère de la Justice en cliquant ici.

La mesure mensuelle de l’incarcération au 1er octobre 2018 est accessible ici.

 

Dix ans déjà ! par Marie-Antoinette Piens

Dix ans déjà ! par Marie-Antoinette Piens

Ce fut une belle soirée d’anniversaire ! Ce 18 octobre 2018, nous fêtions les 10 ans de la Fondation Après-Tout. Plus de 80 personnes avaient répondu à notre invitation – nous étions, avec les membres du comité exécutif, plus de 90 et la salle de conférence était remplie. Nous avions choisi de fêter cet anniversaire au château de Montchat, une belle bâtisse dans ce quartier tranquille du 3ème arrondissement de Lyon.

Le président, Pierre Mouterde, a présenté, la philosophie et les objectifs de la fondation : soutenir des projets individuels ou collectifs portés par des professionnels des secteurs de la santé, du social, du judiciaire et du pénitentiaire dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ; donner l’opportunité de se ressourcer pour ces professionnels qui ont besoin d’échanger sur leurs pratiques et les difficultés rencontrées ; produire de la pensée sur un thème qui nous tient à cœur, celui des vulnérabilités et de la responsabilité.

Les comptes présentés par Michel Arbault montrent une diminution des dons qui ne couvrent plus les aides apportées, ce qui est pour nous un point d’attention, avec des frais de fonctionnement faibles.

Monsieur Yves Minssieux, président du comité de Lyon – Fondation de France Est –nous a présenté la Fondation de France et les fondations sous égide, comme l’est la Fondation Après-Tout.

Alain Chalochet a ensuite fait le bilan des actions entreprises par la fondation depuis 1988 : 45 aides à la reconversion professionnelle, 48 formations individuelles, 10 associations soutenues une ou plusieurs fois, des conférences faites aux internes de médecine générale et des prix de mémoire pour le DIU d’éthique en santé organisé par l’Espace éthique régional. Ces aides ont surtout été apportées dans le domaine de la santé et du social, un effort est à faire dans les deux autres domaines. De nombreux dossiers ont dû être refusés car en dehors des critères de la Fondation (hors région Auvergne-Rhône-Alpes et hors objectifs de la fondation).

Six « porteurs de projets » ont ensuite pris la parole pour présenter leur projet, son déroulement et les suites pour chacun d’eux. Une grille avait été proposée permettant d’harmoniser ces présentations tout en maintenant leur singularité : 2 reconversions professionnelles (ergonome/santé au travail et aide-soignante), 2 formations (doctorat de philosophie de la santé et de neurosciences dans le domaine pénitentiaire), 2 associations (pour l’humanisation des soins et pour donner un nouvel élan au travail d’intérêt général). La fondation a été remerciée, non seulement pour l’aide financière apportée, indispensable pour que ces projets se réalisent, mais aussi pour l’accompagnement et la présence tout au long de la réalisation du projet. Ces présentations ont été très appréciées car elles donnaient une bonne idée de la diversité des projets soutenus par la fondation.

Pour en savoir plus, cliquez ici :

Les 10 ans de la Fondation : quelques projets soutenus

Le travail continue, Pierre Mouterde a donné les orientations pour les dix prochaines années, en ce qui concerne la qualité des projets à soutenir, le ressourcement des professionnels porteurs de projets, avec au moins une rencontre par an, l’organisation d’une conférence annuelle sur des thèmes éthiques et philosophiques, l’attribution de prix de mémoire en éthique – pas seulement pour les internes de médecine générale, et la limitation des frais de fonctionnement. Ces défis ne pourront être relevés que si les donateurs en sont convaincus.

« Un défi à relever ensemble ! »

Venez fêter avec nous dix ans d’existence !

Venez fêter avec nous dix ans d’existence !

En 2008, cinq personnes ont décidé de mettre en commun des fonds pour soutenir une cause qui leur tenait à cœur :

« Accompagner les professionnels au service de l’humain ».

Si vous souhaitez nous rencontrer et connaitre les actions soutenues par la Fondation Après-Tout, venez nous rejoindre

Jeudi 18 octobre de 18 h 30 à 22 h 00

au Château de Montchat , Place du Château, 69003, LYON

pour un temps de rencontres et d’échanges, suivi d’un buffet

en présence de Monsieur Yves Minssieux ,
Président du Comité de Lyon – Fondation de France Centre-Est.

A titre d’exemple, six projets soutenus seront présentés, suivis d’un temps d’échanges avec les bénéficiaires : des personnes ayant effectué une reconversion professionnelle ou ayant mené une recherche ou un doctorat, et deux associations.

Vous découvrirez des initiatives pour promouvoir la qualité des soins auprès des personnes âgées, développer les travaux d’intérêt général, élargir les réflexions éthiques…

Pour faciliter l’organisation de la soirée, merci de vous inscrire en nous adressant un mail à contact@apres-tout.fr

Pierre Mouterde,Président, et les membres du Comité

Le suicide en France, par Marie-Antoinette Piens

Le suicide en France, par Marie-Antoinette Piens

Le 10 septembre 2018 a eu lieu la Journée mondiale de prévention du suicide qui a pour but de sensibiliser les populations à l’ampleur du problème et aux façons de le prévenir. Il s’agit d’une initiative de l’Association internationale pour la prévention du suicide, en association avec l’Organisation mondiale de la Santé.

Le 5 février dernier, l’Observatoire national du suicide a publié son troisième rapport intitulé : « Suicide : enjeux éthiques de la prévention, singularité du suicide à l’adolescence. » Le taux de suicide en France a diminué de 26% entre 2003 et 2014 mais reste l’un des plus élevés en Europe. En 2014, 8.885 suicides ont été officiellement enregistrés en France métropolitaine par le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès de l’Inserm, ce qui représente 24 décès par jour. Le rapport précise que le chiffre de 8.885 suicides est sous-évalué car il ne prend en compte que les décès enregistrés comme morts volontaires. On serait plus proche de 10.000 suicides voire plus par an. Il y aurait environ 200.000 tentatives de suicides chaque année. Cela concerne davantage les femmes avec un pic entre 15 et 19 ans et un autre entre 45 et 49 ans.

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans après les accidents de la route, soit 16% des décès en 2014.

En 2012-2014, en France métropolitaine, le taux de décès par suicide est de 17/100.000 habitants. Ils touchent davantage les hommes (23,1 décès/100.000 habitants) que les femmes (6,8). Le taux augmente avec l’âge, surtout entre 45 et 54 ans et après 75 ans (soit 33,4 et 59,4 pour 100.000 hommes). Les taux de suicide sont plus importants dans la moitié nord de la France mais également dans certaines catégories socio-professionnelles comme les agriculteurs (296 décès entre 2010 et 2011).

Les modes de suicide les plus fréquents sont les pendaisons (57%), l’utilisation d’armes à feu (12%) surtout chez les hommes, les prises de médicaments et autres substances (11%) surtout chez les femmes et les sauts d’un lieu élevé (7%).

Parmi les causes évoquées lors des appels à SOS Amitié figurent la solitude, la dépression, la maladie physique et les problèmes de couple ou de famille : ruptures, deuils, violences sexuelles mais aussi chômage, addictions…

Ce nouveau rapport envisage les enjeux éthiques de la prévention du suicide. Plusieurs thèmes sont développés :

  • Que faire face à des comportements suicidaires, en sachant qu’il « convient de respecter la décision des personnes qui souhaitent mettre fin à leurs jours (respect de leur autonomie) tout en les aidant à trouver d’autres solutions à leur détresse (principes de bienfaisance et de justice), en particulier si des troubles de santé mentale sont susceptibles d’altérer leur jugement ».
  • La question de la levée du secret médical en cas de risque suicidaire, dans certaines circonstances, est posée avec le risque de non-assistance en danger dans le cadre d’un risque imminent de suicide surtout s’il fait courir un risque à d’autres personnes.
  • Le rôle des associations de prévention du suicide et d’aide à distance est souligné, comme SOS Amitié, avec la question de l’intervention ou non en cas de crise suicidaire d’un appelant. Deux dispositifs ont été évalués comme susceptibles de réduire les taux de suicides observés : le recontacte des patients en sortie d’hôpital après une tentative de suicide et la mise en place de deux types de dispositifs envers les personnes âgées : un service d’appels d’urgence et un dispositif de suivi consistant à appeler les personnes pour prendre de leurs nouvelles.

La prévention se fait également par les outils connectés et le web. Sur les réseaux sociaux, des modérateurs sont chargés de repérer les sujets exprimant des idées de suicide sur les chats et les forums. L’application StopBlues lancée en avril par l’Inserm, propose des informations sur le mal-être, l’anxiété, ainsi que des listes de médecins et d’associations.

En Rhône-Alpes, le dispositif « Porte t’apporte » de l’association Apsytude s’appuie sur la prévention par les pairs avec le double objectif d’augmenter la réception des messages de prévention et d’instaurer de nouvelles normes de communication et d’entraide chez les étudiants vivant en résidence universitaire. Ces actions de prévention sur le suicide et la dépression sont effectuées par des stagiaires étudiants en psychologie qui font du porte-à-porte deux fois par an.

Marie-Antoinette Piens

Un plan « Priorité Prévention » dévoilé par le gouvernement en mars 2018, par Marie-Antoinette Piens

Un plan « Priorité Prévention » dévoilé par le gouvernement en mars 2018, par Marie-Antoinette Piens

« La prévention est le maillon faible de notre système de santé » comme le titrait un dossier présenté dans le n° 49, année 2017, du Bulletin de l’Ordre des Médecins, avec une formation insuffisante dans ce domaine des futurs médecins.

La promotion de la santé et la prévention constituent le premier axe de la Stratégie nationale de santé 2018 – 2022 du Gouvernement. « Notre pays connait en effet un retard certain en la matière. La mortalité évitable y est très élevée. On meurt trop souvent trop jeune en France. Et une vraie politique de prévention permettrait de préserver près de 100 000 vies par an ». 

Quelques chiffres de mortalité et morbidité évitables en France 

  • la plupart des Français vivent vieux : espérance de vie des femmes : 85 ans et des hommes : 78,9 ans.
  • mais 18,5% des décès surviennent avant 65 ans ; 1/3 de cette mortalité prématurée pourrait être évitée car liée à des comportements à risque, notamment ceux liés aux maladies chroniques qui ne cessent d’augmenter, passant de 8,3 millions en 2008 à 10,4 millions en 2016 (personnes inscrites dans le dispositif Affections de Longue Durée).
  • + 49,2% de la mortalité prématurée par cancer du larynx, de la trachée, des bronches et du poumon chez les femmes en lien avec la consommation de tabac.
  • + de 18000 décès liés à la consommation d’alcool, les trois quarts concernant des hommes.
  • 6600 personnes découvrent chaque année leur séropositivité. 53% seulement des 15-24 ans déclarent avoir utilisé un préservatif lors de leur premier rapport sexuel ; 26% pensent qu’il existe des médicaments pour guérir du sida.

Source : Bulletin de l’Ordre national des médecins n°56, août 2018

Un nouvel acteur de la prévention et de la promotion de santé grâce au service sanitaire

Dès la rentrée 2018 les étudiants en santé devront effectuer un service sanitaire pour obtenir leur diplôme. Un module de trois mois de formation à la prévention et à l’organisation d’ateliers de promotion de la santé dans les collèges, lycées et universités est prévu. A partir de 2019, ils interviendront aussi dans les EHPAD, les quartiers populaires de la politique de la ville, les prisons… Les thèmes prioritaires : alimentation, activité physique, addictions alcool, tabac, santé sexuelle (infections sexuellement transmissibles). Des précisions sont attendues par le Conseil de l’Ordre des Médecins, en particulier sur le moment du cursus où interviendra ce service sanitaire et sur son financement.

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