81.377 personnes sous écrou en France au 1er mars 2018, par Vincent Feroldi

81.377 personnes sous écrou en France au 1er mars 2018, par Vincent Feroldi

Au 1er mars 2018, 69.879 personnes étaient incarcérées en France, ce qui représente une hausse de 0,6 % par rapport au mois de mars 2017 (69.430). Au 1er février 2018, il y avait 68.596 personnes incarcérées, ce qui représente une baisse mensuelle de 0,4 %.

Parmi le total des personnes incarcérées, le nombre de personnes prévenues s’élève à 20.788 pour 49.091 personnes condamnées, soit 29,51 % des personnes incarcérées (29,74 % au 1er février 2018). Cela représente une hausse de 2,5 % par rapport à l’année précédente (en mars 2017, on dénombrait 20.273 prévenus).

Il y avait en ce début mars 2018 en France 81.377 personnes sous écrou dont 69.879 incarcérées. Le nombre de personnes sous écrou est en hausse de 1 % sur douze mois (824 personnes sous écrou de plus).

Les détenus mis en placement sous surveillance électronique sont 10.907 dont 304 en libération sous contrainte. On est ainsi au-dessus de la barre des 10.000 et on s’éloigne du  mauvais chiffre d’octobre 2017 : 9.980.

Resté sous la barre des soixante mille pendant les années 1990, et passé sous les cinquante mille en 2001, le nombre de détenus a augmenté depuis, parallèlement à l’importance prise dans la vie politique par le thème de l’insécurité. La situation est considérée comme critique par les syndicats de personnels pénitentiaires et de magistrats, avec des entassements de détenus jugés particulièrement graves dans les maisons d’arrêt, en principe réservées aux personnes non jugées. La directrice de la maison d’arrêt de Villepinte avait pour sa part annoncé à la fin de mars 2017 qu’elle n’accueillerait pas de nouveaux détenus, son taux d’occupation ayant atteint le record de 201 %.

En ce mois de mars 2018, les prisons françaises demeurent surchargées et le Contrôleur général des lieux de privations de liberté dénonce par des recommandations en urgence l’insalubrité de certains établissements pénitentiaires de notre pays (Nouméa, Baumettes).

Le quartier « femmes » de la maison d’arrêt de Lyon-Corbas est ainsi occupé à 170 %, soit 102 femmes pour 60 places.

Le rapport annuel 2016 de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté a dénoncé, en avril 2017, un recul des droits fondamentaux et une « escalade » répressive en milieu carcéral.

Un livre blanc sur l’immobilier pénitentiaire a été remis au ministre de la justice par Jean-René Lecerf, président de la Commission du livre blanc, le 4 avril 2017.

Les mineurs écroués sont 842 au 1er mars 2018, ce qui représente une hausse de 0,8 % par rapport au mois précédent (835 au 1er février 2018). Dix écroués ne sont pas détenus. Ils étaient 797 au 1er mars 2017. Les mineurs détenus représentent 1,2 % des personnes incarcérées.

Au 1er mars 2018, 270 d’entre eux étaient dans des établissements pour mineurs (EPM). Ces établissements sont sous-occupés (352 places opérationnelles, soit 80 places inoccupées car 2 sont occupées par un majeur), alors que 562 mineurs (67,5 %) sont détenus dans d’autres établissements. Ils se répartissaient ainsi :

  • Meyzieu / Rhône : 41 détenus pour 60 places opérationnelles
  • Lavaur : 39 détenus pour 59 places opérationnelles
  • Quiévrechain : 43 détenus et 1 majeur pour 59 places opérationnelles
  • Marseille : 52 détenus pour 59 places opérationnelles
  • Orvault (Nantes) : 37 détenus et 1 majeur pour 55 places opérationnelles
  • Porcheville (Mantes) : 58 détenus pour 60 places opérationnelles

Il faut ajouter 15 femmes mineures détenues dans trois EPM (Lavaur, Quiévrechain et Rhône).

Il y a 3.134 femmes sous écrou au 1er mars 2018. 2.504 d’entre elles sont en prison. 630 bénéficient d’un aménagement de peine.

Au 1er mars 2018, 13.114 personnes écrouées bénéficient d’un aménagement de peine sous écrou, soit 21,6 % de l’ensemble des personnes écrouées condamnées (ce pourcentage ne tient pas compte des 431 condamnés en libération sous contrainte). Les aménagements de peine sont en hausse de 2,9 % en un an (12.739 au 1er mars 2017).

Il y a ainsi 942 personnes bénéficiant d’une mesure de placement à l’extérieur sans hébergement en mars 2018 (942 au 1er mars 2017), 1.569 d’une mesure de semi-liberté (1.607 au 1er mars 2017) et 10.603 d’un placement sous surveillance électronique (10.190 au 1er mars 2017).

Mais il y a aussi des libérations sous contrainte au nombre total de 431 : 115 condamnés en semi-liberté, 304 condamnés en placement sous surveillance électronique, 3 condamnés en placement extérieur hébergés et 9 condamnés en placement extérieur non hébergés.

Au 1er mars 2018, le parc pénitentiaire compte 59.902 places opérationnelles, grâce aux ouvertures des nouveaux établissements entre 2008 et 2018 – Mont-de-Marsan, Saint-Denis de la Réunion, Roanne, Lyon-Corbas, Nancy-Maxéville, Poitiers-Vivonne, Béziers, Le Mans, Bourg-en-Bresse, Rennes-Vezin, Le Havre, Lille-Annœullin, Réau, Orléans-Saran, Valence et l’UHSA de Marseille.

Au 1er mars 2018, 6 établissements ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 200 %, 37 établissements ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 150 et inférieure à 200 %, 54 établissements ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 120 et inférieure à 150 % et 24 établissements ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 100 et inférieure à 120 %.

Au 1er mars 2018, le nombre de détenus dormant sur un matelas posé à même le sol était de 1.640, soit 10 % de moins qu’il y a un an (1.822).

Depuis janvier 2018, l’Administration pénitentiaire publie la mesure mensuelle de l’incarcération. Voici la mesure du 1er mars 2018.

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Au 1er mars 2018, le nombre de détenus en surnombre était de 14.658. Le nombre moyen de détenus en surnombre était en 2010 de 9.280, en 2011 de 10.640, en 2012 de 12.340 et en 2013 de 12.910. Le taux de densité carcérale est de 116,7 %.

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Au 1er janvier 2015, le nombre de personnes placées sous main de justice recensées par l’administration pénitentiaire était de 249.513 contre 251.991 un an auparavant (- 1,0). Cette population est constituée de 66.270 personnes détenues (- 1,2 % en un an), 11.021 personnes sous écrou mais non détenues (+ 3,6 % en un an) et 171.222 sans écrou (- 1,1 % en un an). Cette dernière catégorie inclut 215 condamnés sous contrainte pénale.
La population détenue comprend 25 % de prévenus ; les personnes sous écrou mais non détenues sont exclusivement des condamnés (pour l’essentiel sous surveillance électronique) ; la population des personnes placées sous main de justice hors écrou comprend 97 % de condamnés (condamnés au sursis avec mise à l’épreuve et/ou au travail d’intérêt général, condamnés en libération conditionnelle…).
Près des 78 % des condamnés suivis par l’administration pénitentiaire le sont dans la communauté (en milieu ouvert) et 22 % seulement en détention.

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Au 1er janvier 2012, il y avait :
487 condamnés en cours d’exécution d’une peine de réclusion criminelle à perpétuité.
1.830 condamnés en cours d’exécution d’une peine entre 20 et 30 ans.
5.297 condamnés en cours d’exécution d’une peine entre 10 et 20 ans.

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Téléchargez le dossier présentant l’ensemble des chiffres de mars 2018.
Sources : Direction de l’Administration pénitentiaire et OPALE

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